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La journée a commencé par une rencontre avec le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui a affirmé au président Aoun que la France allait assurer « l'environnement nécessaire pour le succès des conférences de soutien au Liban, notamment au niveau de l'aide à l'armée, de la crise des réfugiés syriens au Liban et des investissements ». M. Aoun a de son côté exposé à son interlocuteur les projets qui peuvent être exécutés, principalement ceux relatifs à l'amélioration des infrastructures, des routes, de l'eau et du secteur de l'électricité. Les discussions ont également porté sur le partenariat européen, le rôle de l'Union européenne dans l'aide au Liban, ainsi que le dossier des déplacés syriens.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi assuré à M. Aoun que le président français lui avait demandé d'œuvrer avec le gouvernement libanais à assurer les conditions du succès des trois conférences qui se tiendront prochainement pour le Liban. M. Le Drian a expliqué que Paris discutera avec ses partenaires européens et ses amis pour assurer le succès de ces conférences qui constituent un important soutien pour le Liban. Il a en outre souligné qu'il allait se rendre à Beyrouth avant la fin de l'année pour préparer la visite de M. Macron, prévue au printemps 2018. M. Aoun a pour sa part salué « le rôle primordial de la France » dans le succès de ces conférences.

« Un même combat pour la paix, la liberté et la démocratie »
La réception donnée à l'hôtel de ville par la maire de Paris, Anne Hidalgo, en l'honneur de M. Aoun et de son épouse, Nadia, en présence de quelque 200 invités était l'un des moments forts de la journée.

« Paris et Beyrouth sont un lieu de brassage de civilisations », a déclaré M. Aoun dans une allocution prononcée à l'issue de son entretien avec Mme Hidalgo. « Ces deux villes mènent le même combat pour protéger les valeurs de paix, de liberté et de démocratie », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de « préserver la stabilité du Liban qui a réussi à récupérer les régions qu'avaient occupées les jihadistes du groupe État islamique ». « Au nom de nos soldats martyrs, nous offrons cette victoire à toutes les victimes du terrorisme », a déclaré M. Aoun. Évoquant la crise des déplacés syriens, il a déclaré : « Cela fait six ans que nous partageons nos écoles, nos hôpitaux, nos emplois et nos terres avec les déplacés syriens, et il est temps aujourd'hui qu'ils rentrent dans les régions sûres de leur pays. Les nations doivent aider ces déplacés à rentrer chez eux au lieu de les aider à s'installer dans les pays hôtes dans des camps inhumains, les poussant à se réfugier en Europe de manière illégale. »

Le président Aoun a en outre estimé que la déstabilisation du Liban était un « suicide pour les sociétés pluralistes et démocratiques », appelant ainsi à préserver la stabilité du pays du Cèdre. Il a ensuite affirmé que « soutenir le Liban au niveau de l'économie, de l'éducation et de la culture est la base d'une paix durable au Moyen-Orient et dans le monde ».

De son côté, Mme Hidalgo a souligné la vitalité du peuple libanais et de la ville de Beyrouth en particulier. Elle a noté que « le Liban a su, par sa victoire sur les terroristes » de l'EI, « adresser un message clair à l'ensemble du monde, chargé de l'espoir de vaincre le terrorisme ».

S'adressant à M. Aoun, elle a déclaré : « Monsieur le Président, vous incarnez le Liban d'aujourd'hui, un Liban qui ne renie rien de son histoire et qui sait où il va. » Rappelant l'attachement des Libanais à la francophonie, elle a affirmé que Paris ne serait pas ce qu'elle est « sans les 80 000 Franco-Libanais qui vivent dans notre métropole ».

Chez Larcher et Philippe
En fin de matinée, M. Aoun s'est rendu au palais du Luxembourg où il a été reçu par le président du Sénat, Gérard Larcher, grand ami du Liban, qui a donné un déjeuner en son honneur. Les entretiens entre le président libanais et les sénateurs ont porté sur diverses questions bilatérales et la situation au Liban et dans la région. M. Larcher, qui a dit connaître Michel Aoun depuis le milieu des années quatre-vingt, a salué l'action de son hôte pour avoir « rétabli les institutions après de longues batailles menées au nom de la souveraineté ».

Le président Aoun a ensuite été reçu par le Premier ministre français, Édouard Philippe. « Le gouvernement français œuvrera à la mise en place des décisions prises par les présidents Macron et Aoun », a déclaré M. Philippe, ajoutant que « la France se tient aux côtés du Liban afin de l'aider à améliorer sa situation économique ».

De son côté, M. Aoun a indiqué avoir exprimé la position du Liban sur la lutte contre le terrorisme et la question des réfugiés syriens. « Le Liban ne peut pas attendre longtemps la mise en œuvre d'une solution politique à la guerre en Syrie, car il ne peut supporter le fardeau des réfugiés », a-t-il affirmé. Dénonçant les violations israéliennes du territoire libanais, il a déclaré que « le Liban veut la paix et le respect des résolutions internationales ».

En soirée, l'ambassade du Liban a donné une grande réception au Pré Catelan au cours de laquelle M. Aoun a rencontré des membres de la communauté libanaise à Paris. Évoquant dans un discours le dossier des déplacés syriens, il a souligné que « ce fardeau met en péril la situation économique et sécuritaire du pays ». « Mais nous œuvrons pour trouver une solution avec les organisations internationales », a-t-il ajouté.
M. Aoun clôture aujourd'hui sa visite en France. Il devra rencontrer le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy.

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