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Hadi Ghandour est un jeune cinéaste qui s'est installé à Paris, après des études de cinéma à Los Angeles et au London Film School, et après plus d'une douzaine de documentaires pour la télévision. Dans cette Ville lumière qu'il ne connaît pas encore, il s'attelle à l'écriture de son premier film de fiction intitulé Le Voyageur (The Traveller, al-Moussafer). Dans ce long-métrage, tourné en France et au Liban et où les deux langues s'imbriquent harmonieusement, Rodrigue Sleiman, comédien qui monte en flèche (il surfe aisément entre les planches et l'écran), incarne un homme, Adnane, qui travaille dans une agence de voyages. Sociable et loquace, trop bavard même, il donne l'impression à tous les clients d'avoir fait le tour du monde. C'est un homme qui rêve les yeux ouverts. Jusqu'au jour où son patron lui propose d'aller en mission professionnelle dans la capitale française. Verra-t-il son grand rêve enfin prendre forme ?

 

 

 
Qu'est-ce qui vous a inspiré dans l'écriture de ce film au scénario original ?
D'abord, une personne que j'ai connue et qui ressemblait beaucoup à mon personnage principal, qui n'avait jamais dépassé les frontières de son pays et qui, après avoir effectué son premier voyage, s'est sentie perdue et sans repères. Ayant moi-même beaucoup voyagé, je ne pouvais croire qu'il y avait autant de personnes qui n'ont jamais mis le pied hors du pays. Ensuite, c'est le profil du Libanais (qui est certainement le mien), un voyageur-né, qui m'intrigue, m'interpelle et me pousse à retranscrire le caractère de ce nomade.

 

Qui est ce « Voyageur » ?
C'est quelqu'un qui ne se connaît pas et qui va, sans le savoir, à la quête de son identité. Dans le titre comme dans le film, il y a de l'autodérision, de l'ironie. Ce n'est pas tant le fait de sortir du pays qui m'importe que le voyage intérieur que Rodrigue Sleiman va effectuer à travers tous ces petits incidents qu'il rencontrera en cours de route. Retrouvera-t-il son identité et son véritable moi ? Retrouvera-t-il ce rêve qu'il a voulu toujours réaliser ou cela sera-t-il, au bout du chemin, un cauchemar ?

Le film tient également la route grâce aux deux acteurs principaux. Comment s'est fait le casting ?
J'avais en tête Aïda Sabra depuis l'écriture du film. Je pense que c'est une immense actrice qui a son côté sombre, une sensibilité unique, dissimulés sous son air drôle et comique. Quant à Rodrigue Sleiman, ce n'était pas du tout la personne désirée, puisque je cherchais quelqu'un de plus âgé, mais lorsque je l'ai rencontré, j'ai compris que c'était lui. D'ailleurs, les deux comédiens, issus du théâtre, apportent au film une couleur et une expérience différentes. 

Tragédie ou comédie ?
Les deux à la fois. D'ailleurs, elles se mélangent souvent. Chaque personnage du film a quelque chose de pathétique en lui, particulièrement Adnane, parce qu'il ne se connaît pas bien et ne fait que trébucher. Mais je ne critique pas mes personnages. Je les aime tendrement et je les comprends. 

Est-ce que vous portez plus la casquette de réalisateur ou de scénariste ?
Ce sont deux disciplines différentes que je cumule. Écrire un scénario est une activité solitaire, alors que mettre en scène un film est plus public et social. En tant que réalisateur et scénariste, je trouve que le scénario est essentiellement l'ossature ou le squelette d'un film, sans lequel les acteurs ne peuvent se retrouver réellement. Ensuite, c'est le casting qui consolide cette composition. Une erreur de casting peut être fatale pour le reste du film. Les acteurs apportent leurs expériences et leur vécu aux personnages. Ils sont parfois plus conscients que moi de leur rôle. 

Alors maintenant, « Le Voyageur » retourne chez lui ?
Le film a participé à plusieurs festivals et, en dépit de son thème universel et international, il demeure pour moi à caractère libanais. C'est pourquoi j'ai tenu à ce que sa sortie en salle soit dans son pays natal. Parce que, effectivement, ce voyageur doit un jour rentrer chez lui.

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