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Elle en a été traumatisée et croyait alors qu'elle ne retournerait jamais au pays. Mais en 1993, le Liban semblant connaître une ère de paix et de reconstruction, Zeina Arida a voulu en faire partie. Comme elle le dit, elle désirait se « reconnecter » avec le pays et sa mémoire. La société étant pour elle un ensemble qui se complète, c'est dans le domaine de l'art qu'elle a senti qu'elle pouvait donner le plus. Elle est ainsi devenue l'une des fondatrices de l'Arab Image Foundation, une association qui cherche à reconstituer l'histoire du Liban à travers les vieilles photos, tout en préservant ce patrimoine menacé de disparition. Sa façon de participer à la reconstruction culturelle du pays, mais aussi de renouer, voire de se réconcilier, avec son identité, elle la Libanaise de père chrétien et de mère druze. Aujourd'hui, dix-sept ans après la création de cette association, Zeina Arida parle avec passion des photos réunies qui racontent, selon elle, un mode de vie et une société.

Mais il fallait un nouveau challenge à cette femme dynamique et déterminée, qui fait penser à une mer calme en surface mais pleine de courants qui tourbillonnent en profondeur. Depuis juin 2014, elle est directrice du Musée Sursock et prépare sans relâche sa réouverture pour le 1er octobre après sept ans de fermeture.

Sur « son » musée, elle est intarissable. Son principal souci est de rester fidèle à l'esprit du fondateur, Nicolas Sursock, qui, dans son testament, avait décidé de faire de sa demeure un musée de Beyrouth ouvert à tous les Libanais, mais surtout un espace de conservation des œuvres d'art des peintres libanais ou étrangers résidant au Liban. La gestion de ce musée a été placée par Nicolas Sursock entre les mains du président du Conseil municipal de Beyrouth et c'est le comité, chargé de l'exécution du projet et qui supervise les activités du musée, qui a fait appel à elle en juin 2014 après six mois pendant lesquels elle a été consultante. Aussitôt nommée, elle a constitué une équipe diversifiée et compétente, alliant l'expérience française au modèle anglo-saxon, avec les réseaux et les contacts nécessaires pour trouver les collectionneurs et procéder à des échanges. Elle révèle aussi que le musée a acheté des œuvres de grands peintres libanais dans les années soixante et soixante-dix, et que, en plus de sa propre collection, il procède à des emprunts d'œuvres d'art.

Aujourd'hui, le Musée Sursock est un chantier que sa directrice est fière de faire visiter. Elle tourne, explique, montre et, à travers ses mots précis, ce lieu magique prend vie comme s'il était déjà ouvert. Le bureau de Nicolas Sursock, son salon, les toiles conservées dans des salles aux températures adéquates, les restaurateurs au travail et les ouvriers qui installent les derniers éléments lumineux ou acoustiques... chacun a sa place et son rôle, et l'ensemble fonctionne comme une machine bien huilée, avec en plus « ce supplément d'âme » qu'est la passion. Zeina Arida s'active comme si elle avait toujours été là. « J'ai accepté ce travail, dit-elle, parce que nous manquons d'infrastructures culturelles. Ce musée en est une et il faut en faire un espace d'ouverture, où les visions multiples de l'art pourront s'exprimer. Le fondateur a d'ailleurs voulu le rendre accessible à un maximum de gens. » Elle estime également que la culture, qui est le contraire du cloisonnement, permet non seulement de s'exprimer, mais aussi de se réconcilier, de se retrouver, de s'aimer. Critiquant ceux qui pensent que dans le quotidien actuel des Libanais il n'y a pas de place pour l'art, elle précise : « Au contraire, l'art est une valeur de base. Une œuvre est un mélange de l'auteur, de son univers, de la société et de la manière dont chacun s'y projette. C'est une clé pour comprendre la société. » Mais un musée, n'est-ce pas trop se pencher sur le passé ? Là encore elle proteste : « Un musée est une projection dans l'avenir, car les hommes passent, les œuvres restent. À travers elles, ils peuvent se projeter dans l'avenir. Un musée est une continuité. »

 

Exactement dans l'idée directrice de Zeina Arida qui refuse l'amnésie et veut, à travers son travail et sa vie, comprendre comment ce Liban, tant loué par les parents et les grands-parents, a pu devenir un lieu de barbarie. Et si aujourd'hui il est un peu les deux, elle ne veut y voir que les perspectives d'avenir à travers des expositions artistiques…

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